Je peux vous dire que ces deux nuits, on avait pas toujours ce joyeux sourire( vous l'aurez compris sourire forcée, notre spécial sourire Flo-Sabah)
J'ai eu un gros coup de pompe, une baisse de tension, qui m'a value de rester au lit, la veille de la nuit de garde.
Alors je dois dire que je n'avais pas si hate de retrouver ses agréables salles, climatisées( ventilos à fond la caisse), natures( pour les afficionados du retour à l'accouchement naturel c'est par ici), c'est a dire rien si ce n'est une table vide où de multiples femmes ont accouchée et dont l'état dhygiène est nature aussi.
Pour moi cela n'est vraiment pas le pire, le pire ce sont les bébés que l'on retrouve nuit après nuit, emmallotés dans leur pagne, les recouvrant et déposés là, abandonnés, près de la balance des bébés vivants, au nez et à la vue de tous.
Au nez, car malheureusement ce sont des êtres vivants et de ce fait ils se décomposent, et avec la chaleur, je vous dis pas les odeurs,cela est vraiment insoutenable, je fait fit des odeurs humaines de l'accouchement, qui font de moi et Flora des éponges odorantes( la douche après la garde , je vous assure c'est pas du luxe).
A la vue, de tous, de nous mais aussi de ses mamans qui sont entrain d'essayer de donner la vie.
Je peux vous dire que je dois essayer de ne pas respirer, ni de penser à chaque fois que je pese un bébé vivant à celui qui est étiqueté et qui attend là que la famille daigne l'enterrer.
il y a un fatalisme ici que je ne comprendrai pas, si la mort fait partie de la vie, elle doit alors aussi etre traité avec dignité, et pour moi laisser ses bébés morts là dans ce lieu où se donne la vie, entre la balance et la poubelle, c'est pas du fatalisme c'est pire c'est de l'ignorance.
Au total, j'ai fait
durant ses deux nuits 9 accouchements.Rien que cette nuit, je me serais cru dans une foire d'empoigne selon l'expression de Flora.
Alors que nous venions de prendre notre pause Red bull, et cafeine, car il nous en faut pour tenir le rythme et la cadence, les femmes n'ont pas arrété de venir.
A peine on finissait avec une, qu'une autre était là.
Pour la plupart des primipares, des premiers bébés, appeurées, elles arrêtaient pas de nous solliciter.
elles savent que l'on prend notre temps, que va pas leur crier dessus.
Donc dès qu'elles nous voient, elles nous sautent dessus( façon de parler), Flora je l'ai surnommé Bisounours, car elles l'a prennent souvent dans leur bras, elle se trouve ainsi en étau.
A un moment donné, je voulais crier comme dans les séries, où le héros veut crier et suspendre le temps, cela hurler de partout, accoucher de partout.
En plus sur les 5 accouchements que j'ai fait, 3 étaient excisées, donc bonjour l'accouchement, épisiotomie d'office, car le bébé ne peut pas passer.
Une sage-femme quasi inexistante, une infirmière 2 de tension, dont la préocupation comme de coutume c'est sexe de l'enfant et poids, sexe pour qu'elle perçe aussitôt les oreilles et touche son pécule , poids pour le dossier.
Là encore je suis en pleine accouchement , le bébé est à peine sorti, que la sage-femme me demande le sexe, il respire pas encore.
Quel monde!
Pour le coup c'est vraiment deux poids deux mesures.
Boucherie, car elles attendent pas la délivrance du placenta, elles tirent dessus comme des malades, donc rétention des membranes, il faut aller le chercher, la douleur que vivent les femmes sont pires que celle de l'enfantement et de la suture de l'épisio, vraiment là je dis à FLo j'en peux plus, je veux sortir.
Les cris de douleurs, des sage-femmes qui n'accpetent pas que les femmes ne se laissent pas faire où bien qu'elles expriment leurs douleurs, les menaces, les coups au visages, vraiment je me demande à ce moment là où je suis.
Pour le coup , passer une nuit comme cela ,c'est le meilleur contraceptif!
Apparement, pas pour ses femmes, qui reviendront enceintes dans les années à venir.
Là l'épuisement, l'ambiance prends le pas sur nous, FLora est en pleine accouchement, je l'aide, quand je me retourne et entends une bruit du genre HUMMMMMMMMMMMMM: je vois le bébé au périné, je l'attrape quasi en plein vol, je vous assure c'est pas de la blague.
Ce métier c'est aussi être sage-femme vigilante à tout OVVNI: objet vivant volant non identifié!
Puis , pendant tout ce temps, une jeune fille de 1ç ans genre 1M80 120 kilos, hurle, se tape dessus, personne ne veut s'en occuper, me demande de l'aide me dit que je suis gentille.
Elle m'a pris les dernières foirces que j'avais, j'accepte de m'occuper d'elle, elle manque de m'assomer avec ses pieds, elle me pince tres fort, et me donne un coup de pied sans faire exprès, là je peux vous dire que j'étais à deux doigts de la laisser tomber.
j'ai du me facher à la sénégalaise, je lui ai dis soit tu m'écoutes et tu m'agresses pas soit je te laisse.
Hadji, une chouette AS, me dit laisse Sabah elle va te puiser, elle est toxique, je lui ai dis non je vais faire l'accouchement.
Finalement , j'ai fait l'accouchement, une épisio et une déchirure car elle n'arretait pas de pousser malgrè mes injonction de ne pas le faire
Mais bon vous comprendrez que vu la masse, genre le personne de la ligne verte , vous voyez, j'ai pas insisté, courageuse mais pas téméraire!
Vidée, crévée, je vous laisse et vais me coucher pour reprendre des forces pour la prochaine nuit
Pour Flora , la nuit que l'on vient de passer, la lune était pleine ou quasi.
Donc si cette nuit la pleine lune, luit, attention à nos OVVNI .
A bonne accoucheuse, chacune dans son lit.
salam.
Je peux vous dire que j'ai quasi fini la nuit ainsi:
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La maison des esclaves, m'a attristé, dire que femmes enfants et
hommes ont été traité pire que du bétail, cela donne à réagir, et comme la si bien rappeler le
conservateur du musée, certes nous sommes tres respectueux et commémorant sur la choa, mais il ne faut pas oublier que l'Afrique a payé le plus lourd tribut de l'humanité et que de cela aussi nous
devons en être les témoins et le transmettre à nos enfants pour que jamais pareille ignominie ne se reproduit.






La célèbre
Maison des esclaves, un des musées les plus visités au Sénégal, conserve encore toute la poignante réalité de ce pan de l'histoire universelle
Elles arrivent à me
faire rire, elles sont vraiment décontractées c'est fou quand on pense au stress des salles aseptisées de l'occident.Voici mme Mbaye, mme Sambe , sages -femmes et Sylvie, infirmière: des vraies
professionnelles, qu'est ce que j'apprends avec elle.
On attend les binomes du
jour, avant de partir pour la nuit, puis c'est le départ.