Un jour apparut un petit trou dans un cocon; un homme qui passait à tout hasard, s'arrêta de longues heures à observer le papillon qui
s'éfforçait de sortir par ce petit trou.
Après un long moment, c'était comme si le papillon avait abandonné, et
le trou demeurait toujours aussi petit. On aurait dit que le papillon avait fait tout ce qu'il pouvait et qu'il ne pouvait plus rien faire d'autre.
Alors, l'homme décida d'aider le papillon, il prit un canif et ouvrit le cocon. Le papillon sortit aussitôt. Mais son corps était maigre et engourdit; ses ailes étaient peu développées et
bougeaient à peine. L'homme continua à observer pensant que d'un moment à l'autre les ailes du papillon s'ouvriraient et seraient capables de supporter le corps du papillon pour
qu'il prenne son envol.
Il n'en fut rien ! Le papillon passa le reste de son existence à se traîner par terre avec son maigre corps et ses ailes rabougries. Jamais il ne put voler.
Ce que l'homme, avec son geste de gentillesse et son intention d'aider, ne comprenait pas, c'est que le passage par le trou étroit de cocon était l'effort nécessaire pour que le papillon
puisse transmettre le liquide de son corps à ses ailes de manière à pouvoir voler.
C'était le moule à travers lequel Dieu (Exalté Soit-Il) le faisait passer pour
grandir et se développer. Parfois l'éffort est exactement ce dont nous avons besoin dans notre vie.
Si Dieu
(Exalté Soit-Il) nous permettait de vivre notre vie sans rencontrer
d'obstacles, nous serions limités. Nous ne pourrions pas être aussi forts que nous le sommes. Nous ne pourrions jamais voler ...
Cette journée, allait être plus dure que la veille, lorsque nous arrivons Flora et moi ce jour, ce n'est pas une vision de salle bondée, mais plutôt calme. On dit souvent que la calme vient avant
la tempête.
Mme Sambe, une sage-femme professionnelle et compétente, est là, on est rassurée. elle nous partage le travail, elle nous informe qu'il y a deux mamans qui sont là pour ce que l'on appelle dans
notre jargon , une expulsion( leur bébés est mort et elles doivent accoucher de ce bébé mort).
Situation pas facile, mais cela fait partit de notre métier, Flora a une jeune fille de 17 ans dont c'est le premier bébé et moi une maman de 25 ans dont c'est le troisième.
Entre temps nous suivons des mamans qui vont accoucher.
Flora s'apprete à acceuillir le premier bébé mort, je lui dit alors attend je viens avec toi comme cela je me prépare psychologiquement lorsque je devrais prendre le mien, Flora s'applique lors
de cet accouchement, afin de faire en sorte que l'on ne fasse pas d'épisiotomie/
Le bébé sort à la surprise et à l'éffarement de toutes, le bébé crie, gigote: il est en vie.
Branle bas de combat, il faut courir à la creche, il ne pese que 850 grs, c'est un prématuré et non une expulsion.
Décidement , rien ne se passe comme prévu à Nabil Choucair.
Il est plein de vie, il respire, son coeur bat la chamade, il est rose.
Mais voilà il est petit, faible, non attendu , non prévu dans cet infrastructure.
Commence alors le long et pénible chemin que nous connaissons maintenant par coeur Flora et moi, pourvoir le transferer, lui trouver une place et que le famille accepte.
on le réchauffe, on lui met nos petit vetements, on lui met de 'oxygène car tres vite il a une petit détrese respiratoire: c'est un vivant cad il à une force de vivre, il nous épate.
Alors que tous le prenaientt pour mort, il nous a défié avec son cri: celui de la vie.
quel choc pour la famille qui attendait que leur fille expulse, ils sont grands parents.
Mais il faut aussi leur montrer ce tout petit etre, leur dire qu'il a des chances qu'il faut le transferer.
Il accepte, Flora part avec eux en taxi, avec le ballon de réa, des bouillotes chaudes et plein espoirs vers l'inconu: aura t-il une place en néonat, ya t-il une couveuse.
Lors de son parcours interminable, elle a pu se rendre comote ce que beaucoup de parents vivent ici au Sénagal quand ils sont démunis, que les moyens manquent: un transfert seul sans ambulance,
vers une structure qu'ils ne pourront pas payer et dont on refusera de les acceuillir.
Lors de ce transfert, ce bébé plein de vie va se dégrader, son coeur ralenti, Flora devra faire une massage cardiaque en demandant l'aide de la famille inexpérimentée et accablée.
Ils arrivent enfin dans un hopital qui les acceptent, Flora leur confie le bébé qu'ils acceptent aussi parce qu'elle est là.
Il n'y a pas de couveuse, mais une table chauffante c'est déjà cela. Comme le papillon, avec ses faiblesses, sortit malgrè lui trop tôt, il devra se battre avec ses faiblesses.
Pendant ce temps, j'enchaine les accouchements.
Je prend en charge mon expulsion, elle va bien mais c'est long, le travail de dilatation n'avance pas, elle se repose, le bébé n'est toujours pas là.
J'ai aussi une maman qui est là à 36 semaines (8mois), elle a déjà perdu deux bébés, mort-nés.
j'attire l'attention de l'équipe sur son cas, et dit qu'il faut préparer le nécessaire pour recevoir le bébé et se parer à toutes éventualités.
Entre temps je suis en plein accouhement, quand cette dame est aussi en train d'accoucher, la sage femme est là, je lui dit alors attention bébé de 36 semaines, je la préviens, elle me dit
ok.
je continue mon accouchement.
Soudain je vois qu'elle sort un bébé quasi sans vie, elle se bouge pas.
je change de gand je reprend cet accouchement je clampe le cordon, et je cours avec le bébé.
Etait présente pendant tout ce temps une interne en 1 er année gynéco , 2 de tension, qui malgrè tout ce que j'avais dit ne faisait rien.
elle me suit en creche, me dit laisse tomber il est mort.
je lui demande a t-il un coeur: oui
alors non, on laisse poas tomber: tu sais masser.
elle me dit oui, mais quand je commen ce la ré cardiaque, elle se trompe et me dit qu'il faut faire 5 massages pour 1 ventilation.
Je lui sit non c'est trois pour 1. elle veut jouer alors à l'autorité du médecin sur l'étudainte.
là je peux vous dire que j'en avais rien à faire, je lui dit si tu sais pas laisse moi faire.
je n'ai pas de ballon de réa adapté, Flora est partie avec.
je ventile avec ce que j'ai comme ballon.
Deux minutes plus tard Flora arrive de son périble, je la replonge illico dans ce qu'elle a vécu en partant , une autre réa.
Nous nous battons alors pour ce petit si cher à sa mère, il respire toujours bat, son coer est tres faible.
là il faut de l'adrénaline, je donne le doage à l'inirmière pédiatrique qui ne connait pas le dosage.
on lui injecte par voie ombilicale, il reprend un rythme , on evntile, on réchauffe, on y croit: aller je me dis en moi même, Ya Allah, s'il doit vivre alors fait le vivre mais s'il doit mourir
écourte ses souffrances et les notres?
Il revient à lui, commence à réagir, la sage femme est ébahie, elle n'en croit pas ses yeux, tout le monde le donnait pour mort.
il nous faut deviner quoi:le transferer.
Flora a eu du mal à trouver une place:mais il faut lui donner sa chance lui qui revient du monde des morts-vivants.
Je vais voir Dr Ange, je lui narre mon accouchement, le cas du petit.
il me dit il faut tout faire pour lui, il a toutes ses chances.
les hopitaux ne répondent pas aux tel, un transfert de taxi comme l'a vécue Flo, c'est trop de risque, alors j'appele Mme Jacobs qui s'appretait à partir à la messe de 19HOO.
Elle me dit j'arrive tout de suite: elle fait apel à ses connaissances, on arrive à avoir une place dans un grand hopital de Dakar.
On appel l'ambulance du Samu, via une connaisance.
Avec les dons, je paye le transfert.
on monte plein espoir dans l'ambulance vers cet hopital, qui l'acceuillera avec des négociations via téléphone et intervention de tierce personne connue de Mme Jacobs.
J'en peux plus, je suis à bout, et je dois dire que je peux comprendre alors les équipes médicales de ces centres de santé, qui ne peuvent à chaque fois mobiliser toute cette énergie à chaque
naissance et qui n'ont ni les moyens ni les connaissances pour que l'on accepte ces transferts.
Moi j'étais vidée, Flo pareil.
On a chacun eu son papillon.
Je demande à Allah de leur permettre de prendre leur envols.
Entre temps avant ce départ, j'ai fait l'accouchement d'une maman de 19 ans avec un bébé de 1900grs, qu'il a fallu aidé à démarrer( petite réanimation, mais maintenant on connait la musique...),
sa maman me fait 15 minutes après une crise d'éclampsie( crise convulsive, HTA.....) tout le tableau des complication de l'éclampsie.
Ma patiente qui devait expulser, fait une hémorragie, 7/5 de TA,elle part au bloc, transfusion sanguine et .......
Une journée classique à Nabil Choucair....