Journal de bords

Samedi 10 novembre 2007

salam
Résumé des derniers jours au Sénégal

mardi 6 ,au  matin nous quittons Dakar pour le nord du Sénégal: Saint-louis pour deux jours


Arrivées à l'hotel situé entre le fleuve Sénégal et l'océan, un endroit idyllique qui  contraste énormement avec nos salles d'accouchement.



Cela fait du bien de se reposer, mais l'absence des siens se fait plus ressentir.

Au programme: piscine, mer et repos.

mercredi 7 au matin: départ pour le parc ornithologique de Djouj:indescriptible et inoubliable !

  
promenade en caleche à
Saint-Louis: touristique et coloniale, on a l'impression que le temps est suspendu....


 




Jeudi  départ pour le désert de Lompoul et bivouac dans le désert, passage sur près de 45 kilometres sur  la mer en camion 4X4 avec étape mer et pique-nique sur le sable. Nous avons dormi à

 

 

la belle étoile, un ciel étoilé avec plein d'étoiles filantes, autour d'un feu de camp et aux sons du djembé d'Issa le guide.
j'ai prié dans la mer( le dohr et le asr) et dans le désert(magreb avec vu sur le coucher du soleil  et icha en pleine nuit étoilée) quelle symbiose!

Vendredi arrivée au village Toubab DIalowà l'espace Sobo Bade, au programme cours de percussion et de danse africaine et farniente
Hotel
Chambres
Restaurants
 
Samedi cours de danse et farniente, ultime plongée dans la mer et derniers rayons du soleil puis départ pour Dakar et son aéroport pour rentrée au pays du plat pays.
Loisirs

Dimanche arrivée à Bruxelles après une escale de 4 heures à Madrid, vers 12H00.

Comprenez qu'avec ses 4 derniers jours, où nous avons eu plein les yeux et la bouche, on n'a pas arrêté de manger des délicieux plats concoctés par les cuisiniers sénégalais, même en plein désert on a eu le droit à salade exotique, mechoui et bananes sucrées chaudes cuites au feu de bois....hummmmmmmm= le retour est rude et difficile...

A bon vivant, difficilement au revoir
.





Par sagesabah
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Mardi 6 novembre 2007
salam, nanga def camille-152.jpg


la dernière nuit fut des plus calmes, comme pour nous laisser un gout de tristesse dans le coeur.

la frénésie des accouchements de ses 13 dernières gardes semble  absente.

on a plus l'habitude de salles quasi vide, de femmes qui accouchent au compte goutte.
j'ai fait trois beaux accouchements, une grande maman , c'etait son treizième enfants( chose rare tout de même au Sénégal) .
Une autre son 7 ième.des accouchements comme une lettre à la poste, sauf que j'ai suggéré à la dernière de se mettre à quatre pattes pour aider le bébé à descendre, cela n'a pas raté, je n'ai pas eu le temps de la remettre sur la table et sur le dos, j'ai du faire l'accouchement dans cette position acrobatique, qui n'a pas était du gout des sages-femmes de la nuit: Hawa m'a dit et bien Sabah c'est quoi cette position d'accouchement, décidement les belges vous venez toujours aves des positions fantasques.
je rigolais avec elle, et je lui ai dit fantasque oui, mais rapide, et un bébé en bonne santé et avec un périné intact je vous prie.
elle rigole mais elle me dit "oui mais il y en a plein partout par terre maintenant".
j'ai nettoyé le sol, et tout est rentré dans le propre!

c'est le bleu et la tristesse au coeur que nous rangeons pour la dernière fois notre matériel, nous laissons tout notre matériel et nos blouses aux sages-femmes.
Nous leur disons au revoir.
je fus tres triste de quitter ce lieu qui m'a tant apporté aussi bien au niveau professionnel qu'humainement.

Ses femmes et ses bébés m'ont poussé loin dans ma reflexion sur la vie, sur le sens que je lui donnais et qu'à présent je lui donne.

Les sages femmes sénagalaises m'ont beaucoup apporté dans mon autonomie, dans mes repères cliniques et même si elles m'ont beaucoup interpellé dans certaines de leurs pratiques, elles m'ont beaucoup donné et moi en retour j'ai le sentiment d'avoir était une ingrate qui a appris et pris mais qui n'a en retour pas beaucoup donné.

je demande l'indulgence de mes fidèles lecteurs sur la lenteur et la rapidité de mes reflaxions, mais je n'ai pas beaucoup le temps de me poser pour écrire plus profondément.

je vous invite à y revenir sous peu : je vais faire une synthese de mes gardes, presenter plus en profondeur ce qui m'a touché , les lieux  les gens, les  bons moments comme les plus dur et faire la découverte de ce pays.

Au sénégal, c'est sur je retournerai, quand on aime on ne peux que revenir.


et comme disent les sénégalais , je vais essayer de prendre le temps de gérer le temps! lol





Par sagesabah
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Dimanche 4 novembre 2007
salam, nanga def...;;



Deux dernières gardes pleines de contrastes, la première avec tout ce que j'ai déjà pu vivre durant ses trois semaines: des réanimations bébés , dont deux en même temps des nos 5 premières minutes de gardes: lol, vraiment là Flora et moi on se ragarde et on en rigole, où sommes nous.
Puis des  beaux accouchements, des crises d'éclampsies, une cesarienne fait piano piano: le bébé avec 1 d'apgar, l'infirmière ne nous appelle pas à temps.
Je finis un accouchement lorsqu'elle surgit dans la salle, me demandant l'adrénaline.
Je lui dit ça ne va pas le bébé de la césarienne, il faut réanimer.
elle repond par l'affirmative: FLo et moi on cours.
on trouve le bébé là quasi sans vie, sur un plateau en métal, découvert, completement refroidit: un spectacle insoutenable.
Ni une ni deux, on ne reflechit pas : on commence la réa.
je demande à l'infirmière depuis quand il est né et ce qu'elle a déjà fait: 5 minutes.
donc je lui dis le dosage de l'adrenaline, elle ne le connait pas.
flora et moi on continue à ventiler, mais il est gélé quasi cadavérique, une image au  delà du soutenable.
Surgit la sage-femme furibard, elle me dit de revenir en salle terminer avec la femme dont je viens de faire l'accouchement, j'ai du faire une épisiotomie, donc elle veut que je fasse la suture.
là je suis hors de moi, je  lui dit je ne peux pas faire deux choses à la fois: là je réanime.
la gynéco arrive nous dit cela sert à rien il est mort, je lui dit mais non on a un coeur, elle me dit cela fait 45 minutes qu'il est comme cela.
Là Flora et moi on se regarde, je reve, l'infirmière nous a menti.
on a fait rebattre son coeur avec adrénaline, alors qu'il est quasi en mort cérébrale.
il gaspe, il souffre: au lieu de le laisser partir, elle nous a fait faire une prolongation de sa mort.
là je suis à bout, j'en peux plus, on est vraiment dans l'absurde de la situation: je dis à l'infimière pourquoi ne pas nous avoir appelé plus tôt,et pourquoi nous faire reanimer alors que cela fait 45 minutes .

c'est de trop.

je dis à Flo moi je rentres, j'en peux plus.
Cela ne plait pas à la sage-femme, elle me dit tu as fait l'épisiotomie tu dois suturer: qui coupe coud selon l'adage du métier.
on a fait tous les accouchements de la nuits, toutes les réanimations bébés, elle rien, alors elle peut comprendre que vu le contexte j'en peux plus, non elle comprends pas.
on part tout de même.

Dernière garde: tranquille et de beaux accouchements, le récit les prochains jours



Par sagesabah
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Dimanche 4 novembre 2007
salam, nanga Def

deux gardes de nuits, : à suivre pour l'ultime récit de ses gardes qui se ressemblent et different à la fois


à demain
Moi en rose au lac Rose; lol

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Par sagesabah
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Vendredi 2 novembre 2007
salam


le vendredi 2: journée touristique et visite d'une école de vilage


le plus émouvant et le plus beau moment de la journée: la visite de l'école perdue en pleine dune entre la mer et le désert, entre l'arrivée du Paris-Dakar et le lac Rose.
Echange entre le mari de Marie qui est venue en visite à Dakar, Teddy: dons de cahier et stylos: partage du travail fait par des éléves au college de Lille
L'école perduesur l'ouvrage "l'école perdue" de Tahar Ben J s--n--gal-149.jpg eloun
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s--n--gal-146.jpg Sujet :
Ce village d’Afrique de l’Ouest, sans eau ni électricité et sans école, semble perdu au milieu de nulle part. Personne ne s’y arrête, si ce n’est par erreur. Pour soigner ses yeux, un jeune garçon du village rejoint son oncle en ville où il entreprend des études pour devenir instituteur. Convaincu que seul le combat contre l’ignorance peut sauver les enfants de son village, il se consacre à leur enseignement. Mais les enfants, employés pour quelques sous dans une fabrique de chaussures et de
ballons de foot, commencent à déserter l’école. En mémoire d’Iqbal, figure de la lutte contre l’esclavage moderne assassiné à 12 ans, le jeune instituteur s’emploie à lutter contre l’exploitation de ces enfants

 
 
   
 
 
 

Tres bon roman, pour ceux qui ont des enfants, à faire lire , cela montre effectivement l'importance que les enfants ici donnent à l'école et au savoir.






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Par sagesabah
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Jeudi 1 novembre 2007

 

Un jour apparut un petit trou dans un cocon; un homme qui passait à tout hasard, s'arrêta de longues heures à observer le papillon qui s'éfforçait de sortir par ce petit trou.

Après un long moment, c'était comme si le papillon avait abandonné, et le trou demeurait toujours aussi petit. On aurait dit que le papillon avait fait tout ce qu'il pouvait et qu'il ne pouvait plus rien faire d'autre.

Alors, l'homme décida d'aider le papillon, il prit un canif et ouvrit le cocon. Le papillon sortit aussitôt. Mais son corps était maigre et engourdit; ses ailes étaient peu développées et bougeaient à peine.  L'homme continua à observer pensant que d'un moment à l'autre les ailes du papillon s'ouvriraient et seraient capables de supporter le corps du papillon pour qu'il prenne son envol.

Il n'en fut rien ! Le papillon passa le reste de son existence à se traîner par terre avec son maigre corps et ses ailes rabougries. Jamais il ne put voler.

Ce que l'homme, avec son geste de gentillesse et son intention d'aider, ne comprenait pas, c'est que le passage par le trou étroit de cocon était l'effort nécessaire pour que le papillon puisse transmettre le liquide de son corps à ses ailes de manière à pouvoir voler.

C'était le moule à travers lequel Dieu (Exalté Soit-Il) le faisait passer pour grandir et se développer. Parfois l'éffort est exactement ce dont nous avons besoin dans notre vie.
Si Dieu
(Exalté Soit-Il) nous permettait de vivre notre vie sans rencontrer d'obstacles, nous serions limités. Nous ne pourrions pas être aussi forts que nous le sommes. Nous ne pourrions jamais voler ...


Cette journée, allait être plus dure que la veille, lorsque nous arrivons Flora et moi ce jour, ce n'est pas une vision de salle bondée, mais plutôt calme. On dit souvent que la calme vient avant la tempête.
Mme Sambe, une sage-femme professionnelle et compétente, est là, on est rassurée. elle nous partage le travail, elle nous informe qu'il y a deux mamans qui sont là pour ce que l'on appelle dans notre jargon , une expulsion( leur bébés  est mort et elles doivent accoucher de ce bébé mort).

Situation pas facile, mais cela fait partit de notre métier, Flora a une jeune fille de 17 ans dont c'est le premier bébé et moi une maman de 25 ans dont c'est le troisième.
Entre temps nous suivons des mamans qui vont accoucher.
Flora s'apprete à acceuillir le premier bébé mort, je lui dit alors attend je viens avec toi comme cela je me prépare psychologiquement lorsque je devrais prendre le mien, Flora s'applique lors de cet accouchement, afin de faire en sorte que l'on ne fasse pas d'épisiotomie/
Le bébé sort à la surprise et à l'éffarement de toutes, le bébé crie, gigote: il est en vie.
Branle bas de combat, il faut courir à la creche, il ne pese que 850 grs, c'est un prématuré et non une expulsion.
Décidement , rien ne se passe comme prévu à Nabil Choucair.
Il est plein de vie, il respire, son coeur bat la chamade, il est rose.
Mais voilà il est petit, faible, non attendu , non prévu dans cet infrastructure.

Commence alors le long et pénible chemin que nous connaissons maintenant par coeur Flora et moi, pourvoir le transferer, lui trouver une place et que le famille accepte.
on le réchauffe, on lui met nos petit vetements, on lui met de 'oxygène car tres vite il a une petit détrese respiratoire: c'est un vivant cad il à une force de vivre, il nous épate.
Alors que tous le prenaientt pour mort, il nous a défié avec son cri: celui de la vie.
quel choc pour la famille qui attendait que leur fille expulse, ils sont grands parents.
Mais il faut aussi leur montrer ce tout petit etre, leur dire qu'il a des chances qu'il faut le transferer.
Il accepte, Flora part avec eux en taxi, avec le ballon de réa, des bouillotes chaudes et plein espoirs vers l'inconu: aura t-il une place en néonat, ya t-il une couveuse.
Lors de son parcours interminable, elle a pu se rendre comote ce que beaucoup de parents vivent ici au Sénagal quand ils sont démunis, que les moyens manquent: un transfert seul sans ambulance, vers une structure qu'ils ne pourront pas payer et dont on refusera de les acceuillir.

 Lors de ce transfert, ce bébé plein de vie va se dégrader, son coeur ralenti, Flora devra faire une massage cardiaque en demandant l'aide de la famille inexpérimentée et accablée.
Ils arrivent enfin dans un hopital qui les acceptent, Flora leur confie le bébé qu'ils acceptent aussi parce qu'elle est là.
Il n'y a pas de couveuse, mais une table chauffante c'est déjà cela. Comme le papillon, avec ses faiblesses, sortit malgrè lui trop tôt, il devra se battre avec ses faiblesses.

Pendant ce temps, j'enchaine les accouchements.
Je prend  en charge mon expulsion, elle va bien mais c'est long, le travail de dilatation n'avance pas, elle se repose, le bébé n'est toujours pas là.

J'ai aussi une maman qui est là à 36 semaines (8mois), elle a déjà perdu deux bébés, mort-nés.
j'attire l'attention de l'équipe sur son cas, et dit qu'il faut préparer le nécessaire pour recevoir le bébé et se parer à toutes éventualités.
Entre temps je suis en plein accouhement, quand cette dame est aussi en train d'accoucher, la sage femme est là, je lui dit alors attention bébé de  36 semaines, je la préviens, elle me dit ok.
je continue mon accouchement.

Soudain je vois qu'elle sort un bébé quasi sans vie, elle se bouge pas.
je change de gand je reprend cet accouchement je clampe le cordon, et je cours avec le bébé.
Etait présente pendant tout ce temps une interne en 1 er année gynéco , 2 de tension, qui malgrè tout ce que j'avais dit ne faisait rien.
elle me suit en creche, me dit laisse tomber il est mort.
je lui demande a t-il un coeur: oui
alors non, on laisse poas tomber: tu sais masser.
elle me dit oui, mais quand je commen ce la ré cardiaque, elle se trompe et me dit qu'il faut faire 5 massages pour 1 ventilation.

Je lui sit non c'est trois pour 1. elle veut jouer alors à l'autorité du médecin sur l'étudainte.
là je peux vous dire que j'en avais rien à faire, je lui dit si tu sais pas laisse moi faire.
je n'ai pas de ballon de réa adapté, Flora est partie avec.
je ventile avec ce que j'ai comme ballon.
Deux minutes plus tard Flora arrive de son périble, je la replonge illico dans ce qu'elle a vécu en partant , une autre réa.
Nous nous battons alors pour ce petit si cher à sa mère, il respire toujours bat, son coer est tres faible.
là il faut de l'adrénaline, je donne le doage à l'inirmière pédiatrique qui ne connait pas le dosage.
on lui injecte par voie ombilicale, il reprend un rythme , on evntile, on réchauffe, on y croit: aller je me dis en moi même, Ya Allah, s'il doit vivre alors fait le vivre mais s'il doit mourir écourte ses souffrances et les notres?

Il revient à lui, commence à réagir, la sage femme est ébahie, elle n'en croit pas ses yeux, tout le monde le donnait pour mort.

il nous faut deviner quoi:le transferer.

Flora a eu du mal à trouver une place:mais il faut lui donner sa chance lui qui revient du monde des morts-vivants.

Je vais voir Dr Ange, je lui narre mon accouchement, le cas du petit.
il me dit il faut tout faire pour lui, il a toutes ses chances.

les hopitaux ne répondent pas aux tel, un transfert de taxi comme l'a vécue Flo, c'est trop de risque, alors j'appele Mme Jacobs qui s'appretait à partir à la messe de 19HOO.
Elle me dit j'arrive tout de suite: elle fait apel à ses connaissances, on arrive à avoir une place dans un grand hopital de Dakar.
On appel l'ambulance du Samu, via une connaisance.
Avec les dons, je paye le transfert.
on monte plein espoir dans l'ambulance vers cet hopital, qui l'acceuillera avec des négociations via téléphone et intervention de tierce personne connue de Mme Jacobs.
J'en peux plus, je suis à bout, et je dois dire que je peux comprendre alors les équipes médicales de ces centres de santé, qui ne peuvent à chaque fois mobiliser toute cette énergie à chaque naissance et qui n'ont ni les moyens ni les connaissances pour que l'on accepte ces transferts.
Moi j'étais vidée, Flo pareil.
On a chacun eu son papillon.
Je demande à Allah de leur permettre de prendre leur envols.

Entre temps avant ce départ, j'ai fait l'accouchement d'une maman de 19 ans avec un bébé de 1900grs, qu'il a fallu aidé à démarrer( petite réanimation, mais maintenant on connait la musique...), sa maman me fait 15 minutes après une crise d'éclampsie( crise convulsive, HTA.....) tout le tableau des complication de l'éclampsie.
Ma patiente qui devait expulser, fait une hémorragie, 7/5 de TA,elle part au bloc, transfusion sanguine et .......
Une journée classique à Nabil Choucair....


Par sagesabah
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Mardi 30 octobre 2007
salam, Nanga Def



Nos deux jours de gardes ont étaient  , comment dire, des plus overboockées.

mercredi 31 , jour d'évaluation certificative, Mme Jacobs vient nous évaluer?

Dès que nous arrivons à Nabil, des femmes partout dans la salle de prétravail, par  terre, tout le monde est affairé, les sages-femmes, les infirmi§res, les gynécos.
Des bébés partout sur les tables, dans les lits.......
je dis à Flora cela commence bien, allez au boulot.
Mme Jacobs téléphone pour savoir si il y a des femmes en travail, pour pouvoir nous évaluer: venez on manque as de femmes en travail.

Nous trouvons deux femmes par terre, se tordant de douleurs, je demande à la sage femme la ou les priorités car nous avons deux places qui se liberent en salle d'accouchement.

La prof arrive, j'hérite d'une femme qui pour la première fois m'a poussé au bout de ma patience.
Elle gémit, dit qu'elle a des problèmes cardiaques et respiratoires, comprend le français quand cela l'arrange, et ne veut pas monter sur la table d'accouchement, me supplie de l'amner au bloc opératoire pour lui faire une césarienne.

J'essaie de lui faire comprendrfe que tout va bien aller, que je suis là pour l'aider mais rien à faire elle s'entete.
Impossible de lui faire ouvrir les jambes pour savoir où elle en est, alors avec le contexte de la salle pleine, cela commence à me monter.
De plus je suis évaluée avec cette patiente, je peux vous dire que cela change des mamans que j'ai eu à suivre en salle d'acc en occident.
Mais bon je ne craque pas , je prends sur moi, j'essaie d'être compliante, mais là je dois passer à l'action elle est à dilatation complete, le bébé est là pas loin, et il commence à en avaoir un peu marre lui aussi.

je lui demande de poursser elle refuse, elle le retient.
Là ma prof intervient, il faut etre plus ferme.

pendant ce temps Flora est occupée avec sa patiente qui est sur le point d'accoucher, mais elle aussi ce trouve sur un cas, son bébé est coincé, dystocie des épaules, je suis appelée en renfort, manouevre de Mc roberts, qui permet de décoincer le bébé rapidement.
Retour à :ma patiente, là il faut le sortir , elle persisite à vouloir aller au bloc.
là Mme Jacobs lui monte sur le ventre, parce qu'elle n'écoute pas et qu'elle retient ce bébé, il faut vite le faire sortir, manoeuvre de Kristeller(appuyer sur le fond de l'utérus pour faire avancer le bébé), compme elle n'aide pas, je dois en plus lui faire une épisiotomie, avec tout ce contexte, je vous dis pas l'épisiotomie que je lui ai faite: cet accouchement: le pire de ma petite carrière: une vraie boucherie: on y est j'ai fait un accouchement à la Nabil Choucair.
A peine je prends lé bébé, que la prof doit immédiatement faire un accouchement d'une maman par terre, elle est en train de pousser personne ne la vue.
je commence à préparer mon matériel pour suturer, je mets mes gants stériles, que un médécin interne est en train de faire un accouchment, mais des la sortie ce bébé est tres mal à peine 1 apgar.
ce médecin n'a pas écouter les bruits de coeur du bébé qui était en souffrance et donc n'a rien prévu pour la réa.
mais bon cela est classique à Nabil, on accouche on avis  apres le sexe et le poids de l'enfant.
là je laisse ma suture, je cours avec la pof pour tenter de rénimer ce bébé.
il revient toujours pas, on cours à la "creche" pédiatrie, là on a de l'O2 mais devinez quoi, un petit malin a retiré l'embout de connexion de l'oxygène.
Oui je sais, c'est abbérant me direz vous, mais voilà c'est comme cela ici.

Alors on demande au doc, si on a l'autorisation d'aller au bloc op, seul endroit où il y a de l'oxygène
Accordé.
là avec ma prof , on se retrouve avec un mur de non de la part des aide opératoire, il est interdit de faire une réa bébé ici, c'est à la creche.
je lui demande où est l'o2 , le temps presse le bébé est encore sans réactivité , il respire toujours pas ,il est blance.Seul son coeur bat en dessous de 60.
Flo aussi s'énerve, on lui somme d'appuyer sur le bouton on.
Il a peur de sa hierarchie, finalement il le fait  puis l'éteint.
on se rend compte tres vite qu'il n'y a pas que de l'oxygène, mais aussi du protoxyde, c'est la machine de l'anesthésiste.
Là ses collègues rigolent, il lui disent en wolofs, au lieu de le reveiller tu le fais dormir.
Enervée je leur dit  c'est vraiment pas drôle, après coup avec Flora nous aussi on étaient mortes de rires( de nerf et dù à la situation).

Souvent dans ses situations dramatiques avec Flora on passe des rires aux larmes, car la situation est tellement grave mais tellement hors normes, que des larmes on en vient à rire.

Finalement, on arrive à lui donner juste de 'loxygène, j'asprire et je ventile, il réagit toujours pas mais il commence à respirer.
Entretemps, l'un des aide op, est partir prévenir ses supérieurs, sui arricent en trombe en assale d'op et qui nous sommes de tout arréter et de sortir d'ici, d'aller en creche, on lui dit alors que nous n'vons pas d'O2 , elle rétorque que si.
la prof gére pendant que je continue à ventiler et a faire régir ce bébé.
l'aide coupe l'arrivée d'O2, je lui dit tu veux que ce bébé meurt, alors ouvre l'O2.
la prof revient, elle est à bout elle aussi,elle craque , elle pleurs.
le bébé revient doucement à lui, il faut qu'on le transfert.
La prof va le faire, il respire, son coeur se stabilise, il réagit.


Retour en salle, là Flora n' a pas arreté, a peine arrivé je fais un accouchement puis un autre.
Flo de même, puis , puis rebelote, je fais un accouchement d'une maman dont c'est le huitième enfant, un gros bébé s'annonce, le bébé est coincé j'essaie de toutes mes forces à le faire sortir, impossible , la tête est dehors mais les épaules bloquent, je fais appel à Flo et Dr Ange, ( docteur tout en muscle!), il a du mal aussi, il me dit on a deux minutes pour le faire sortir compte.
c'est interminable et rapide à la fois deux minutes, quand la vie d'un bébé est en jeu.
Finalement on arrive à la sortir, 4300grs, une petite fille. Elle va bien mais elle semble avoir des séquelles classiques de la dystocie des épaules: pléxus brachial(
La paralysie obstétricale du plexus brachial (POPB) est une paralysie partielle ou totale du bras et de la main, causée à la naissance par une lésion des nerfs situés à la racine du bras. Elle est visible dès la naissance et touche un nouveau-né sur 2000. Selon la nature des lésions, les récupérations spontanées sont totales (disparition de la paralysie), partielles ou nulles (paralysie définitive, partielle ou totale.


La maman me remercie de lui avoir sauvé son bébé, elle demande si elle va ien, je lui dit oui mais comme elle est tres grande , elle a un peu souffert de l'accouchement,.
Ici il n'y a pquasi pas de kiné, et les frais sont tres chers donc pour la réeducation de la petite, faut oublier.
Là voilà avec sa maman: elle va l'appeler Sabah:
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La prof revient, il est temps de prendre une pause.
Quand Flora passe à proximité d'une maman dans un lit de  prétravail qui semble faire un bruit que l'on identifie tout de suite: elle accouche, Flora fait l'accouchement dans le lit parmi toutees les autres mamans.

Quelle journée!
Flo et son bébé:
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après cette journée, on est entièrement vidée.
aller demain dernière garde de jour.












Par sagesabah
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Lundi 29 octobre 2007
Nanga  Def, mangni fi rek, salam s--n--gal-114.jpg




Dodo, repos et refaire le plein.
Lamine passe nous chercher   Flora et moi à la résidence, on avait promis de l'inviter à notre tour manger.

On va à la pointe des Almadies, on mange au bord de la plage dans un  petit resto  Chez Gilles.
Au menu: gambas grillées,calamars, lotte, cabillaud,des coquillages nommées "keurs" le tout à la sauce Lébou nom des pécheurs et une salade relevée, tres bon appétissant et tellement loin de notre salle d'accouchement.


Là , on écoute Lamine nous raconter ses histoires de Djinns et d'Anges à la façon africaine, il y a pas mal de mélange entre la tradition prophétique et de l'animisme et du maraboutisme.

Tout sénégalais qui se respecte qu'il soit musulman ou chrétien, à ses grigris et talisman protecteur, Lamine nous avoue d'ailleurs que dans sa bague en argent il y a un grigri.

Puis retour au lit, nous sommes mortes fatiguées, mais on a promis de faire un gateau au chocolat pour l'anniverssaire de Valérie, et donc on se retrouve à faire une gateau au chocolat jusque 2 heures du mat.
Lever vers 7 HOO pour lui faire la surprise à son retour de gardes de nuit. dur de se lever tôt quand on aurai enfin pu faire la grasse mat. Mais c'est pour la bonne cause et faire plaisir.


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Par sagesabah
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Dimanche 28 octobre 2007
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Nos lendemains de nuits sont  difficiles à récupérer, car c'est une fatigue physique certes mais psychologique  surtout.

La nuit a été difficile surtout parce que le gynécologue, présent ce soir là , n'a pas arreté d'interferer dans des accouchements normaux, avec des femmes qui patientaient dans le silence de la douleur, et qu'il a fait de manière abominable des accouchements que je qualifirai de boucherie.
Alors que leurs cols( le col de l'utérus, qui je le rapelle doit être dilaté à 10 cm pour que l'accouhement se déroule) étaient seulement à 8 cm, il les a fait pousser, à forcer leurs cols au doigts et leur criait dessus si elles ne faisaient pas ce qu'il disait.

En discutant avec  lui, on voyait bien avec Flora que nous n'avions pas les mêmes idées sur certains points( comme en occident par ailleurs avec certains de nos gynécos qui peuvent aussi faire de la "boucherie").
Bien que beaucoup de ses relexions étaient justes dans les faits et dans la réalité du terrain.

Mais cette nuit là, on avait l'impression qu'il voulait agir à sa manière, et de la sorte il a empecher et "saboeter" deux voir meme trois accouchements de Flo.

Vraiment j'en pouvais plus, je voulais rentrer mais on ne pouvait pas laisser ses femmes, j'étais quand même venue ici pour faire des accouchements et aider ses femmes.

il finit par aller se coucher, et on a pu alors faire des accouchements tels qu'on aime les faire.
Mais c'était sans compter sur la pire des sages-femmes, celle que Flora et moi on considere comme une djinn réincarnée en sage-femme.
Son regard est effrayant, même moi elle me fait peur malgré qu'elle nous sourit à Flora et à moi mais du coin des lèvres.
elle traine des pieds, on l'entend venir de loin, si bien que dès qu'elle approche , on fait tout pour qu'elle n'intervienne pas auprès des accouchements. Sa méthode: crie, coup de poing au visage et au ventre pour faire sortir ce bébé vite fait bien fait, révision utérine systématique et épisiotomie à vif.

Imaginez la joie que nous avons Flora et moi quand nous devons travailler avec elle.
Voilà il ne nous reste plus que 1 garde de nuit pui repos et deux gardes de jour où nous sommes certifiées , cad que nous avons  notre examens de stage.
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Par sagesabah
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Samedi 27 octobre 2007
Nanga def, salam

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Je peux vous dire que ces deux nuits, on avait pas toujours ce  joyeux sourire( vous l'aurez compris sourire forcée, notre spécial  sourire Flo-Sabah)

J'ai eu un gros coup de pompe, une  baisse de tension, qui m'a value de rester  au lit, la veille  de la nuit de garde.
Alors je dois dire que je n'avais pas si  hate de retrouver ses agréables salles, climatisées( ventilos à fond la caisse), natures( pour les afficionados du retour à l'accouchement naturel c'est par ici), c'est a dire rien si ce n'est une table  vide où de multiples femmes ont accouchée et dont l'état dhygiène est nature aussi.

Pour moi cela n'est vraiment pas le pire, le pire ce sont les bébés que l'on retrouve nuit après nuit, emmallotés dans leur pagne, les recouvrant et déposés là, abandonnés, près de la balance des bébés vivants, au nez et à la vue de tous.

Au nez, car malheureusement ce sont des êtres vivants et de ce fait ils se décomposent, et avec la chaleur, je vous dis pas les odeurs,cela est vraiment insoutenable, je fait fit des odeurs humaines de l'accouchement, qui font de moi et Flora des éponges odorantes( la douche après la garde , je vous assure c'est pas  du luxe).

A la vue,  de tous, de nous mais aussi de ses mamans qui sont entrain d'essayer de donner la vie.
Je peux vous dire que je dois essayer de ne pas respirer, ni de penser à chaque fois que je pese un bébé vivant à celui qui est étiqueté et qui attend là que la famille daigne l'enterrer.

il y a un fatalisme ici que je ne comprendrai pas, si la mort fait partie de la vie, elle doit alors aussi etre traité avec dignité, et pour moi laisser ses bébés morts là dans ce lieu où se donne la  vie, entre la balance et la poubelle, c'est pas du fatalisme c'est pire c'est de l'ignorance.

s--n--gal-052.jpg Au total, j'ai fait durant ses deux nuits 9 accouchements.
Rien que cette nuit, je me serais cru dans une foire d'empoigne selon l'expression de Flora.
Alors que nous venions de prendre notre pause Red bull, et cafeine, car il nous en faut pour tenir le rythme et la cadence, les femmes n'ont pas arrété de venir.
A peine on finissait avec une, qu'une autre était là.
Pour la plupart des primipares, des premiers bébés, appeurées, elles arrêtaient pas de nous solliciter.
elles savent que l'on prend notre temps, que va pas leur crier dessus.
Donc dès qu'elles nous voient, elles nous sautent dessus( façon de parler), Flora je l'ai surnommé Bisounours, car elles l'a prennent souvent dans leur bras, elle se trouve ainsi en étau.
A un moment donné, je voulais crier comme dans les séries, où le héros veut crier et suspendre le temps, cela hurler de partout, accoucher de partout.
En plus sur les 5 accouchements que j'ai fait, 3 étaient excisées, donc bonjour l'accouchement, épisiotomie d'office, car le bébé ne peut pas passer.
Une sage-femme quasi inexistante, une infirmière 2 de tension, dont la préocupation comme de coutume c'est sexe de l'enfant et poids, sexe pour qu'elle perçe aussitôt les oreilles et touche son pécule , poids pour le dossier.
Là encore je suis en pleine accouchement , le bébé est à peine sorti, que la sage-femme me demande le sexe, il respire pas encore.
Quel monde!

Pour le coup c'est vraiment deux poids deux mesures.

Boucherie, car elles attendent pas la délivrance du placenta, elles tirent dessus comme des malades, donc rétention des membranes, il faut aller le chercher, la douleur que vivent les femmes sont pires que celle de l'enfantement et de la suture de l'épisio, vraiment là je dis à FLo j'en peux plus, je veux sortir.

Les cris de douleurs, des sage-femmes qui n'accpetent pas que les femmes ne se laissent pas faire où bien qu'elles expriment leurs douleurs, les menaces, les coups au visages, vraiment je me demande à ce moment là où je suis.

Pour le coup , passer une nuit comme cela ,c'est le meilleur contraceptif!

Apparement, pas pour ses femmes, qui reviendront enceintes dans les années à venir.

Là l'épuisement, l'ambiance prends le pas sur nous, FLora est en pleine accouchement, je l'aide, quand je me retourne et entends une bruit du genre HUMMMMMMMMMMMMM: je vois le bébé au périné, je l'attrape quasi en plein vol, je vous assure c'est pas de la blague.

Ce métier c'est aussi être sage-femme  vigilante à tout OVVNI: objet vivant volant non identifié!

Puis , pendant tout ce temps, une jeune fille de 1ç ans genre 1M80 120 kilos, hurle, se tape dessus, personne ne veut s'en occuper, me demande de l'aide me dit que je suis gentille.

Elle m'a pris les dernières foirces que j'avais, j'accepte de m'occuper d'elle, elle manque de m'assomer avec ses pieds, elle me pince tres fort, et me donne un coup de pied sans faire exprès, là je peux vous dire que j'étais à deux doigts de la laisser tomber.

j'ai du me facher à la sénégalaise, je lui ai dis soit tu m'écoutes et tu m'agresses pas soit je te laisse.
Hadji, une chouette AS, me dit laisse Sabah elle va te puiser, elle est toxique, je lui ai dis non je vais faire l'accouchement.

Finalement , j'ai fait l'accouchement, une épisio et une déchirure car elle n'arretait pas de pousser  malgrè mes injonction de ne pas le faire

Mais bon vous comprendrez que vu la masse, genre le personne de la ligne verte , vous voyez, j'ai pas insisté, courageuse mais pas téméraire!

Vidée, crévée, je vous laisse et vais me coucher pour reprendre des forces pour la prochaine nuit

Pour Flora , la nuit que l'on vient de passer, la lune était pleine ou quasi.
Donc si cette nuit la pleine lune, luit, attention à nos OVVNI .

A bonne accoucheuse, chacune dans son lit.

salam.

Je peux vous dire que j'ai quasi fini la nuit ainsi: s--n--gal-110.jpg















Par sagesabah
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